Edge Of Tomorrow de Doug Liman

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Si il est un fait qu’on ne peut nier depuis quelques années, c’est de voir à quel point la culture « geek » s’est insinuée dans la vie commune du grand public. Et si il y a bien quelque chose d’encore plus criant, c’est de voir comment le cinéma s’est emparé de cette révolution, nouvelle manne pour les studios offrant enfin la possibilité de sortir des cartons des projets à la base plus difficile à vendre, mais qui, enrobés d’un visuel grand public, pourront plaire au plus grand nombre et donc, être au final une vraie source de profits. Edge Of Tomorrow fait parti de ces projets, qui il faut bien le dire, sont ambitieux, mais qui parfois sont aussi simplement insultants.

edge-of-tomorrow-emily-bluntKick-Ass, Oblivion, World War Z… Ces films ont tous été des succès commerciaux malgré leurs apparences peu avantageuses. Kick-Ass, comic ultra sanglant finalement transformé en un film pour ados, certes jubilatoire, mais tout de même moins idiot que sa source première. Oblivion de son côté était un film de science-fiction ultra classique mais qui à su tirer sa force d’une réalisation stylisé et léchée, cachant donc sa vacuité dans les inspirations. World War Z quant à lui, n’a eu d’autres idée que de faire de son film de zombies qu’un gigantesque blockbuster vidé de tout substance, et on le sait, bien loin du roman éponyme.

Vous pensez probablement que le rôle de cette critique est de défendre les œuvres originelles des adaptations bas de gammes, mais il n’en est rien. Au contraire, et je m’exprime en tant que cinéphile, je considère que toute adaptation se doit de faire table rase pour mieux s’approprier l’univers et en apporter une approche cinématographique nouvelle, le langage écrit et visuel n’étant pas le même ; sans pour autant oublier l’univers de base.

Et il est, à mon sens, important qu’il en aille de même quand le cinéma s’inspire de lui-même. Il est évident qu’Edge Of Tomorrow à fait table rase de l’origine japonaise du manga pour l’adapter à une sauce américaine calibrée pour le plus grand nombre, et sur ce point l’on ne peut pas lui reprocher grand chose. Faisant volontairement référence aux guerres mondiales, et en particulier la Seconde, durant l’occupation Nazie, les scénaristes se sont admirablement approprié le sujet pour l’occidentaliser. Non, le problème vient d’ailleurs.

Le problème vient du fait qu’Edge Of Tomorrow ne passe son temps qu’à se reposer sur ses lauriers, et ne crée jamais rien. Véritable coquille vide, il ne fera référence qu’à tout ce que le cinéma à pu offrir dans le genre. De Starship Troopers à Source Code, ou encore Matrix, le film s’enferme dans une vacuité imaginative qui force presque le respect. Le problème étant que, lui-même enfermé dans une structure scénaristique au rythme complètement bâtard et répétitive, il n’aura jamais une seule occasion d’exploiter les ressources de ses inspirations. A partir de ce constat, il sera donc impossible de se projeter dans cette production qui semble croire que c’est en accumulant les références et les gimmicks scénaristiques qu’elle deviendra une nouvelle référence de la pop-culture. D’autant plus quand celle-ci souffre d’incohérences telles qu’elle finit de se ridiculiser, perdant le peu de crédibilité qu’il lui reste. Edge Of Tomorrow bénéficie certes d’une réalisation solide et de scènes parfois extrêmement réussies, mais il est impossible de passer outre ce vide abyssal d’idées, piochant de ci de là des éléments, dans l’espoir ne nous faire gentiment avaler la pilule.

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